Jour 14 – Clamecy – Champs-sur-Yonne

Départ de Clamecy sous le brouillard matinal, qui se lève à plusieurs kilomètres, à Coulanges-sur- Yonne. Aujourd’hui, j’ai eu des croissants dans une boulangerie de Clamecy et on vient de m’offrir un bon bout de pâté façon grand-mère. Je profite alors d’une aire de repos de long de la route afin de prendre une douche avec l’eau de l’Yonne et goûter tout ça. Peu de monde le long de la route, sauf sur les derniers kilomètres à partir de Prégilbert ou cela devient pratiquement une autoroute. Les gens profitent de ce beau temps, c’est dimanche alors c’est la sortie de la semaine. J’échange avec plusieurs personnes dont ces 2 couples qui écoutent mes histoires durant ce voyage et les projets futur que j’envisage à plus ou moins long terme. Après la visite de Cravant, me voilà chez mes parents, j’ai auparavant enfilé mon maillot jaune, le fluo bien sûr, afin de ne pas me faire écraser sur la voie romaine qui mène à Auxerre où j’ai d’ailleurs bien transpiré durant cette longue montée. Je reprend des forces avec cette tartiflette qui m’attendais.

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Je me réveille dans ce hall d’accueil de la communauté de communes de Clamecy, je pensais voir le jour se lever mais quand j’ouvre l’œil, dehors le ciel est déjà bien lumineux. J’ai dormi assis sur cette chaise, par tranche d’1h grand maximum. Il est maintenant 6h, je suis toujours fatigué, ici à l’intérieur il fait chaud, j’ai d’ailleurs enlevé ma veste coupe vent durant cette nuit et je me met à grelotter dès que j’ai passé la tête dehors sous ce brouillard matinal, il faut que je me mette à donner quelques coups de pédales afin de me réchauffer. Toujours autant de monde dans les rues que la veille, les chats sortent du dessous des voitures à mon approche d’eux. Je fais le tour de la ville afin de visiter le centre ville, avec ses ruelles et ses maisons à colombages, qui surplombe le canal qui laisse d’ailleurs place à l’Yonne devenu navigable, il reprendra de temps à autre jusqu’à Cravant lorsque l’Yonne est plus large et donc non navigable.

Je cherche une boulangerie, elles n’ouvrent pas avant 6h45, un premier refus, je récupère des viennoiseries de la veille dans une 2e. Le brouillard est toujours là, je pensais voir le soleil et cette nappe nuageuse se lever, je m’imaginais le spectacle que cela pouvait donner vu depuis les hauteurs de la ville. Finalement je n’attend pas, un passant me dis que c’est la première fois pendant ce mois de Mai qu’il y du brouillard, je quitte alors cette ville qui ne m’aura décidément pas accueilli les bras ouverts. D’ailleurs aucune toilettes publiques ne sont ouvertes la nuit (ouvertes, comme expliqué la veille auprès ce même employé municipal, en même temps que la douche de la halte fluviale, à 8h30), je trouve alors une alternative à défaut d’utiliser les moyens conventionnels et j’utilise dame nature.

A la sortie de la ville des pêcheurs ont alignés toutes leurs cannes à pêche. Le long du canal, je longe également les roches de Baseville, le brouillard leur donne un air légèrement mystique. Plus loin, je vois sur le côté un bâtiment ressemblant à un bloc sanitaire, je trouve l’initiative excellente et je m’approche afin de voir ce qui est à disposition des cyclistes pour ce tour de Bourgogne. Dommage certains ont pris ce malin plaisir à casser les lavabos, complètement stupide, déjà compliqué de trouver quelque chose le long de ce canal, voilà que tout se retrouve cassé lorsque les municipalité propose des solutions. Je trouve cela juste scandaleux et stupide de voir des gens saccager ces initiatives prises par des collectivités. Pas étonnant que d’autres ne veulent pas investir.

Le brouillard s’est désormais dissipé, 9h, j’atteins Coulanges-sur-Yonne, ici à l’entrée du village une aire de jeux est là, un petit bloc sanitaire propose aux voyageurs une douche et des WC, les lavabos eux, n’ont plus de robinetterie. C’est une première de voir qu’il est possible de prendre une vrai douche le long du parcours, l’eau est froide mais elle fonctionne correctement. Je faire un tour au cœur du village, j’emprunte un pont délaissé au profit d’un autre positionné à quelques dizaine de mètres mais permettant ainsi au flots de voitures de ne plus passer au centre du village. Je vois un boucher-charcutier-traiteur, une salade préparée me ferais bien envie après cette courte nuit. Je pousse la porte de la boutique, la vendeuse est embêtée, il est tôt (je ne me rendais pas compte j’ai perdu la notion du temps ce matin) et cela ferme à midi. Elle fini par me laisser un bon bout de pâté façon grand-mère. Je suis ravis, je vais pouvoir me faire des tartines et goutter ce délice.

Les mains sur le guidon, la vélo-route emprunte un morceau de route afin de rejoindre les villages suivants. Me voilà à une grande aire de repos à Lucy-sur-Yonne, destinés aux cyclotouristes en particulier, un terrain de foot, des bancs, un grand espace vert, des tables de pique nique, presque parfais puisque pas de sanitaire. L’Yonne coule à côté, l’eau est claire, peu de monde passe sur la route, je pose alors le vélo et prend mes affaires de toilettes. La douche est agréable, bien que jetant régulièrement des regards afin de ne pas me retrouver face à un habitant proche, promenant son chien. Je laisse sécher mes affaires désormais mouillé, au soleil, je profite d’une table afin de goutter ce pâté, excellent, je ne résiste pas à prendre une 2e tranche. Me voilà donc désormais propre, je remballe mes affaires et je continu, il faut que je rejoigne la maison familiale ce soir.

Châtel-Censoir, son port de pêche est adossé à la ville, je quitte le canal, traverse la voie ferrée, je me retrouve dans le bas du village, je veux rejoindre cette église dont je voyais le clocher depuis le canal. Des escaliers, je pousse difficilement le vélo quand je vois que je vais rejoindre une route.Un habitant me regarde au travers de sa fenêtre ouverte avoir du mal à porter le vélo, il s’approche, je suis à bout de force, il m’indique que j’aurais du prendre la route. Je l’ai rejoins maintenant, je continu de pousser le vélo, la pente est bien trop pentu pour monter dessus et pédaler. Je passe une porte du rempart, la plus importante du village, je rentre dans l’église, la crypte est ouverte, je descend, une table est dressée d’une nappe en papier, sûrement un buffet organisé la veille. Je ressors, je croise des touristes qui prendront les même photos que moi, me voyant pointer mon objectif sur une porte ornée de petite statuettes, puis un cadran solaire. Et oui, il faut prendre le temps de s’arrêter et de contempler les endroits par où nous passons, mais je garderais cette phrase dans ma tête. Un habitant me vois faire, il a été repeint il y a 2 ans me dit-il en parlant du cadran solaire, celui ci montre l’heure l’après midi, il m’emmène alors voir celui du matin que je n’ai pas vu auparavant. Il faut ajouter 1h45 afin d’avoir l’heure, 2h pour l’heure du soleil et 15min d’avance par rapport à notre position de Greenwich. Ne trouvant de point de vue sur les alentours, il m’invite donc à aller dans son jardin afin de me faire profiter d’un superbe panorama sur la région. Je le remercie avant de le quitter, puis je redescend cette pente abrupte, pied à terre de peur de ne pouvoir m’arrêter debout sur les freins, les cloches de l’église tintent.

Je viens de rejoindre le canal du nivernais j’alterne également entre l’Yonne qui est parfois canalisée parfois navigable durant ce dernier tronçon jusqu’à Cravant. Le rocher du Saussois semble sortir de nul part, c’est un paradis pour les faucons. Les roches aux alentours offre le loisir de pratiquer l’escalade. Le département de l’Yonne semble paniqué de voir passer des cyclistes sur le chemin de halage, au vu de ces panneaux « Ecluse ralentir » qui jonchent chaque écluse. Je m’arrête sur une aire de pique nique, je profite de ce moment de pause pour faire une courte sieste. Ne voulant pas rester trop longtemps ayant encore un bon bout de route à faire, je reprend rapidement le vélo. Je passe devant « l’écluse des femmes » appelée ainsi puisqu’elle était gérée par des femmes. Aujourd’hui c’est un lieu de restauration et de détente avec une boutique offrant des produits du terroir. Je quitte le canal du nivernais qui part, à la perpendiculaire de l’Yonne maintenant entièrement navigable, en direction de Vermenton. Je croise alors 2 couples également à vélo, ils font Prégilbert – Vincelles aller retour. Je leur racontes mes anecdotes, ils m’écoutent et semblent ravis de me voir vouloir casser un peu cette société de consommation et montrer qu’il est possible de vivre tout aussi bien en agissant autrement. Ils sont stupéfaits de voir que je récupère l’électricité produite par la roue de mon vélo afin de charger téléphones, caméra et batteries d’appareil photo. Je ferais d’ailleurs peut être un article dédié à l’autonomie électrique durant mon voyage puisque que plusieurs fois cela semblais intéresser et intriguer les gens rencontrés.

J’entre dans Cravant, je cherche les quelques maisons à colombage qu’ils restent dans le village, que je pensais bien plus nombreuses. Je fais une halte dans le lavoir du bourg où un oiseau prend la pose pour se laisser photographier (pensée pour Brice qui adore faire des photos animalières, alors c’est cadeau pour toi). Je repars, après avoir utilisé ces toilettes, dégradés mais fonctionnels, en direction de l’Yonne. Le chemin longeant la rivière est très agréable, des villas la bordent et les villages sont fleuris, le ciel est beau, tout les paramètres sont eu rendez vous. Me voilà à Champs-sur-Yonne dernière étape du jour pour ce tour de Bourgogne à vélo avant de rejoindre la voie romaine, une route menant directement à l’entrée d’Auxerre. Les voitures roulent vite, me dépassent en croisant des voitures en face, de peur d’être vu à la dernière minute je m’arrête afin d’enfiler mon gilet jaune, le fluo bien sur, enfoui au fond d’une sacoche. La route grimpe, je fais plusieurs pauses, je viderais toutes mes gourdes en haut de cette montée, je n’ai plus d’eau. Je continu, je trouve une technique empruntée sur certain carrefour routier, je dois tourner à gauche, problème des voitures peuvent me renverser pendant cette manœuvre que je trouve trop dangereuse à faire comme les automobiles. Je tourne alors à droite dans la direction opposée puis fais demi tour afin de traverser tranquillement cette artère. Les derniers kilomètres arrivent enfin, j’arrive à l’heure pour poser mes pieds sous la table, après une vraie douche. La tartiflette m’attend posée sur la table, je donne de bon coups de fourchettes. Les kilomètres de la journée ajoutés au manque de sommeil la veille puis maintenant la digestion, je ne tarderais pas à aller me coucher le ventre bien rempli.

One Comment

  1. Martin

    Coucou mon Franssouet. Tu avance d un bon train cette semaine tu auras le beau temps j espère que tu pourras te désaltérer facilement. Merci pour tes comptes rendus tu partage avec nous c est sympa. Tu vas mener ton projet à bien je te félicite. Gros bisous et courage.

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