Jour 12 – Cercy-la-Tour – Châtillon-en-Bazois

Debout entre 6h30 et 7h, je sors de la tente afin de me réfugier dans le bâtiment des sanitaires et de l’accueil un peu plus au chaud, avec mon ordinateur et quelques appareils que je vais recharger sur les prises électriques des lavabos destinées principalement pour les rasoirs électriques.

Je peaufine l’article de l’avant veille avec mon passage à Bourbon-Lancy un peu plus long que d’habitude, et je terminerai par sélectionner les photos de la veille et les envoyer sur internet puisque la connexion internet que j’ai via le téléphone, qu’un ami m’a prêté, sur le PC est vraiment très rapide (je te remercie Dany). Je pense d’ailleurs changer d’opérateur en passant de Free à SFR, sans vouloir faire de pub ou de contre pub, mais le réseau de Free s’est dégradé depuis la fin de l’itinérance avec Orange.

J’arrête mon travail de blogging pour moment, je fais une pause. Je laisse charger l’ordinateur, je retourne dans la tente, je regarde la météo, je ne sais pas si je vais rester ou non ici. Toutefois, à 9h30, je décide que je vais partir, la météo n’est pas forcément très bonne mais ce ne sont que des orages incertains, au risque de recevoir une courte averse s’il y a. Je retourne alors continuer mon article, pour enfin rattraper mon retard, toujours dans le même lieu afin d’avoir moins froid. 10h passe, je ne tiens plus, j’ai faim, je pars manger des radis avec du pain ainsi que mon dernier fruit : une poire, mon ventre se calme alors je profite de cette occasion afin de préparer le reste des radis pour la prochaine fois. Je reprends la suite de mon article de la veille afin de le terminer et l’envoyer en ligne.

Je commence à rassembler mes affaires puis à plier la tente pendant cette éclaircie, je ne veux pas la plier mouillée, je la laisse d’abord sécher un coup au soleil sur une des allées du camping. Pendant ce temps je continu de ranger mes sacs, vite préparés afin de vider la tente au plus vite, et de faire une sauvegarde de mes photos sur un disque dur externe.

Je discute avec Hugo, il me raconte qu’il travaillait à Londres dans la finance et que son rythme de vie ne correspondait pas à son éthique, il est donc venu en France et préfère faire des petits boulots, il est tout de même responsable aujourd’hui du camping municipale du village, il travaille seul ici. Nous discutons un bon bout de temps ensemble, un habitué est arrivé en camping car, je ne laisserais pas le camping désert. L’heure tourne, il est déjà 13h, il faut que je parte si je veux avancer sur plusieurs kilomètres aujourd’hui. Le long du canal du nivernais, nous nous saluons et nous disons que peut être un jour nous nous croiserons sur les routes, puisque je suis sûr que le monde est petit et que nous pouvons chacun nous retrouver dans un pays ou un coin où il est très peu probable de se croiser.

Je retourne alors dans cette petite épicerie dans laquelle j’ai rendu visite la veille, non, ils n’ont aucune denrée alimentaire à jeter ou à retirer de la vente. Tampis, me revoilà maintenant sur le chemin le long du canal, le vélo est plus lourd que la veille mais aucune différence sur le plat, les démarrages sont juste un peu plus difficile, de même pour les montées afin de traverser les routes perpendiculaires au canal. Je me rends compte effectivement (comme le disait Michel il y a 2 jours), qu’il aurait été possible de faire passer la vélo-route au même titre que le canal, mais laissé à l’abandon l’herbe est juste tondue sous les ponts, aucun chemin possible à vélo ou même agréable à pied quand l’herbe est mouillée.

En début d’après midi, me voilà devant l’écluse 23, un nuage noir arrive sur moi, je commence à enfiler ma combinaison de pluie, un couple est arrivé après moi, je les rejoins sur le pont en leur demandant ce qu’il pense de la météo. Je n’attendrais pas longtemps puisque des gouttes commencent à tomber du ciel, ils rebroussent chemin pour rentrer chez eux, je pars m’abriter devant la porte de la maison éclusière. J’ai bien fait de ne pas prendre ce grand bief (tronçon entre 2 écluses), j’hésitais justement à partir de cette écluse où je savais pouvoir être protégé au cas ou, même si la pluie ou plutôt les gouttes ne dureront pas. Je profite de ce passage pluvieux afin de terminer mes radis, mon pain ainsi que de manger mon dernier nougat me semble t-il, il me reste maintenant plus que deux barre chocolatée.

Je repars sous le soleil, j’enlève d’ailleurs ma combinaison, arrivé à l’écluse de Fleury je vois comme des toilettes, je change alors de rives. L’espace est spacieux, il y a des toilettes, des lavabos, des prises électriques, la douche elle est payante par contre. Une petit cabane, Evelyne est à l’intérieur pour renseigner les gens de passage, elle en profite pour me dire de m’arrêter à l’écluse 6, voir Gérard, un homme atypique, type hippie est là, la musique à fond, les reportages sur le canal du nivernais aiment apperement montrer quelques images de lui. Elle me dit de repasser après le 15 Juin puisque les aiguilles seront mises en place sur le barrage afin de laisser place à un plan d’eau d’où les jeunes peuvent profiter d’une chute d’eau et les mamies venir avec un livre mettre les pieds dans l’eau assises sur un muret en pierre. Toutefois après le 15 Septembre les aiguilles sont retirées.

Je reprends mon vélo, donne des coups de pédales sur plusieurs kilomètres, puis d’un coup j’ai un flash, vite il faut que j’actualise mon lien depuis lequel les gens peuvent me suivre en temps réel. Je suis sauvé, il me restais une heure avant de le perdre, je l’actualise en le mettant valable sur la durée maximum, c’est à dire limitée à 3 jours, limité fixée par Google afin d’éviter une intrusion dans la vie privée de ses utilisateurs.

Châtillon-en-Bazois arrive sous mes yeux et une bonne averse me tombe dessus, je m’abrite sous le bâtiment qui fait office de dépôt pour les éclusiers du département sur ce tronçon, cela ne dure que 5 minutes. Je passe ensuite un port, le loueur de bateau est là, on est vendredi. Les locations se font du vendredi à vendredi m’avait dit plus tôt un éclusier, surprit de voir qu’aucun bateau naviguait aujourd’hui. Je passe ensuite un château, une autre écluse. Je reviens sur mes roues afin de revoir ce panneau indicateur et comprendre donc le fléchage de l’itinéraire, je ne rêve pas, l’itinéraire quitte le chemin de halage afin de passer dans la ville puis revenir un peu plus loin sur ce même chemin de halage, de l’autre côté du pont alors que pour une fois il était possible de passer dessous. Je passe devant le Maxi Marché dont m’avais parlé Évelyne, ils vendent des produits en limite de consommation à prix cassés, je vais voir, des salades à plus de 2€, je trouve tout de même cela cher. Je leur demande s’ils jettent des denrées alimentaire. Non tout est vendue justement grâce à ces prix remisés. Je repars et je veux quitter cette ville ou les gens semble bien plus froid (un peu vexé en fait aussi d’avoir plus ou moins échouée, je rappelle que je suis mauvais joueur). Je vois le ciel en face de moi s’assombrir, il est 18h30, je veux pousser jusqu’à Bazolles ou Baye, je regarde la météo pour les prochaines heures, des site de camping et de gîtes, pas possible de passer la nuit sous cette tente quand il pleut. Je ne veux pas m’avouer vaincu, avant de repartir d’ici, je veux de la nourriture, la ville est plus grande que les prochaines ou je prévois m’arrêter, j’aurais donc plus de chance. Je prends l’artère principale, je vois une alimentation générale. J’explique mon projet au patron du commerce, des clients sont là il les encaisse. Il fini par me ramener une boite de café et des boites de haricots rouges, non buveur de café je ne prends que les haricots rouges. Il part reposer la boite de café et me ramène en contre partie un carton de pot de confiture, parfait pour avoir quelques sucres. Il me demande si j’ai du pain, malheureusement plus, il me laissera alors un paquet de pain de mie, puis encore des fruits et des paquets de jambon et de rôti de porc. Je charge tout ça sur mon vélo dehors, il revient me voir en me tendant une tablette de chocolat. Je suis vraiment touché par sa générosité, il me rend heureux, à part les boites de haricots, tous les autres produits étaient en vente dans son magasin. Je repars, je veux voir avant de quitter la ville cette aire d’accueil pour les cyclistes, je me trouve face à un genre de camping nouveau ou des roulottes sont parquées. Je regarde les tarifs je tousse en voyant les prix, à partir de 65€ la nuit, je ne peux absolument pas me permettre cela. 12,50€ le bengali, une sorte de barnum aménagé, 2,50€ la douche si je vais à l’aire d’accueil. Malheureusement ayant eu toute cette nourriture gratuitement, je ne peux pas dépensé plus de 10€ ce serais injuste de profiter de produits gratuits d’un côté et payer un confort de l’autre. Mais du coup je peux me permettre aussi de faire fonctionner le commerce local et donc sa population. Le gérant du terrain accepte ma proposition, il m’emmène dans le 1er bengali, il n’est pas encore nettoyé, même si je paie moins cher, j’estime que la petite remise accordée ne m’oblige pas à accepté ceci. Mais pas de soucis, il ne me le proposera pas, le 2e est prêt, je m’installerais donc ici. Avant de me laisser m’installer je discute avec lui, il est gérant, un peu moins froid que le premier abords nous discutons des cyclistes, des aires aménagées subventionnées par l’Europe, etc… Je profiterai d’ailleurs plus tard pour aller voir cette aire d’accueil, l’herbe est fraîchement coupée mais seules quelques toilettes sont mises à disposition, aucune douche, aucun lavabo, comme aire d’accueil je trouve cela également très léger. Le gérant m’explique que les roulottes ont été fabriquée à La-Charité-Sur-Loire, et récupérées par la Mairie il y a 10 ans à un parc de même type abandonné. L’ancien camping à été re-nivelé sur presque 70cm de hauteur, afin de les installer.

Après ma visite de l’aire d’accueil, je regarde des jeunes jouer au foot, des gouttes commencent à tomber, pour ma part je rentre dans mon bengali, eux continuent de jouer.

Je me lance je vais faire un grand festin ce soir en plus j’ai un double feu à gaz. J’ai l’impression d’être un roi ici, j’ai un vrai lit en plus de quoi faire la cuisine, de la vaisselle est à disposition. Je fais alors chauffer mes haricots rouge pendant que je grignote des tranches de rôti avec du pain et du fromage trouvé dans le premier bengali et qui allait être jeté. Je me régale avec cette boite de haricot qui pourtant n’est absolument pas assaisonnée, j’ai l’impression de bien sentir le sel. Je mange un kiwi, trop mur je ne pourrais pas le manger, idem pour le 2e, le 3e çà va. Je pars faire ma vaisselle, prendre une douche chaude, faire ma lessive des 2 derniers jours, c’est l’heure maintenant de rédiger mon article, ne prenons plus de retard.

C’est terminé j’ai les mains glacées à avoir pianoté sur mon portable durant ces 2 dernières heures, je me relierai demain avant de tout publier avec les photos.

2 Comments

  1. Dany21000

    Bon et bien finalement, tu avances bien, même vite, que ce soit en distance parcourue, et en relation humaine, ce qui selon moi est finalement le plus important.

    Le, dialogue est dans le voyage le plus important, tu n’as pas attaqué le tour de France avec des étapes de 300km/jours accompagnés d’injection de dopage.
    Les relations humaines simples, parfois oubliées, négligées dans nos vies « citadines » nous font souvent oublier que l’on « chie et pisse comme tout le monde »…

    J’ai lu en corrigeant l’intégralité de tes aventures depuis « Oui mais »… un seul mot : respect !

    Respect car tu as réussi à surmonter les conditions climatiques difficiles, même si un retour ici a été nécessaire.
    Respect car tu es repartis
    Respect pour ta persévérance. Pour quelqu’un qui se dit mauvais perdant et mauvais joueur dans un autre article…
    Respect car tu arrives à te débrouiller et rebondir malgré les refus et autres rencontrent désagréables

    Et enfin, Respect pour avoir l’envie de nous prouver que c’est possible que finalement le bonheur c’est un instant présent et non pas avoir une belle TV, une belle maison… Qu’une simple gamelle de fayot sans sauce ou simplement l’ouverture d’un sac de fruit peut apporter une joie immense !

    J’ai toujours pensé que tu étais fou… enfin que tu es fou ! Mais çà, tu le sais… remarque, je suis certainement pas mal dans mon genre aussi.

    Néanmoins fou c’est une chose, mais je crois clairement que pour attaquer ce projet, ce n’est pas la folie qui t’a envoûtée et motivée mais le courage !

    Pour finir… bravo !

    1. François

      Merci à toi pour toutes ces flatteries, pour ma part je franchis les étapes les unes après les autres sans vraiment m’en rende compte, je n’en trouve du coup rien d’exceptionnel. Je le fais j’avance, à mon rythme, j’invite tout le monde à faire de même, c’est une expérience vraiment enrichissante pour soi même. Cela ne me déplairais pas de refaire d’ailleurs ce tour de Bourgogne avec qui veux partir comme çà, mais moins à l’aventure, j’ai repéré certains « boui-boui » qui à mon sens valent le coup de s’arrêter, coupé du temps, et de dépenser quelques euros ce coup ci mais qui serait tout aussi intéressant en échange humain.

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