Jour 10 – Diou – Cercy-la-Tour

Levé à 6h20, la tente est humide à cause de la rosée et du canal tout proche, mais je remballe tout de même en espérant la sécher durant l’après midi comme j’ai pu le faire la veille. Le vélo est équipé, c’est le moment de partir, il est 7h, je quitte ce coin de gazon très fraîchement coupé, où m’ont laissé planter la tente les propriétaires. Comme demandé, je pars faire mes besoins (et ben oui on passe tous par là aussi) à la halte nautique, des toilettes, enfin une toilette est disponible pour le public.

Je cherche ensuite une boulangerie afin de demander du pain de la veille, beaucoup plus facile à cette heure, mais j’arrive devant une porte close. Aujourd’hui la boulangerie est fermée, un écriteau indique que du pain sera disponible à la petite supérette du village, mais elle ouvre à 8h. Je ne veux pas attendre 1/2h et je repars donc de Diou.

Je quitte alors les bords du Canal transversal de la Loire afin de rejoindre l’Eurovélo 6, je vois mon premier panneau indiquant le Tour de Bourgogne à vélo

Je viens donc de traverser à nouveau la Loire pour emprunter cette voie verte bordée d’arbres de part et autre, direction Bourbon-Lancy. Je m’arrête sur une petite aire de pique nique afin de grignoter un peu de saucisson de la veille avec du pain, il me reste toujours des nougats alors je me fais plaisir à en prendre un en guise de petit dessert ou gourmandise. C’est reparti sur cette voie verte qui longe la départementale (anciennement nationale), je passe à côté du château de Saint-Aubin-sur-Loire, il ne semble pas valoir le coup de s’arrêter, les hauts murs empêchent de le voir correctement, je redonnes des coups de pédales pour avancer.

Puis je dois choisir, je décide alors de continuer par la vélo-route européenne, plutôt que de continuer sur la voie verte certainement plus facile mais plus longue.

Me voilà à Bourbon-Lancy, je passe devant le camping de la ville puis je me retrouve face à ce lac de la ville. Tout me semble naturellement beau, je verrai un peu plus tard d’ailleurs que c’est une ville thermale. Des pêcheurs sont là, on aperçoit la ville qui domine ce lac et tous ces abords de verdure. Je vois une grande surface, des toilettes sont bien présentes autour de ce plan d’eau mais aucune fontaine à eau pour remplir mes gourdes vite vidées ce matin, alors je demande à l’accueil s’il y a un point d’eau. Contre ma pièce d’identité on me donne la clé des toilettes, c’est fais j’ai remplie et remplacée l’eau de mes 3 gourdes. Au moment de rendre la clé, je me lance, je demande s’ils n’ont pas des denrées alimentaires qu’ils vont jetées, ou non vendable et qu’ils vont détruire. Mauvaise journée, puisque aujourd’hui, le directeur n’est pas là, ni même son adjoint. J’insiste en demandant s’ils vont ne rien jeter, la personne à l’accueil demande à sa collègue en caisse, elle appelle quelqu’un. Une fois son téléphone raccrochée, elles se parlent et la collègue de l’accueil me dit d’aller voir au rayon fruits et légumes, un vendeur ou le responsable. Me voilà au milieu des fruits, des employés rechargent les étalages, un regard avec ce jeune homme, ce doit être le responsable, je lui demande si c’est bien lui qui vient de recevoir un appel d’une collègue. C’est lui, il m’annonce qu’il va me chercher un cagot et que je vais pouvoir prendre ce dont j’ai besoin. Je lui explique en allant dans les réserves du magasin que je préfère récupérer les produits périmés, invendable car trop abîmés, afin d’éviter le gaspillage alimentaire. Pas possible c’est revendu à bas prix pour des enseignes discount ou des associations. Il prend donc un cagot, me le tend pour aller choisir mes fruits et légumes, je ne peux accepter et je lui demande de choisir pour moi. Je me retrouverais avec une belle variété de fruits de saison : pêches, abricots, poires, bananes, mangues ainsi qu’une botte de radis. Je le remercie, je charge tout çà dans mes sacoches et retourne à l’accueil rendre le cagot, je les remercie également. Je ressors ravi, heureux qu’une supérette à l’enseigne inconnu pour ma part jusqu’à ce jour veuille bien me laisser quelque chose.

Je reprends mon vélo, pour aller voir cette cité médiévale. En traversant le parc autour du lac, je rencontre Véronique, nous nous disons bonjour, elle me demande où je vais. Je m’arrête, nous discutons quelques minutes, je lui dis que j’ai réussi à ne manger qu’un peu de pain et du saucisson la veille, le corps sait s’adapter rapidement, d’autant que j’ai quelques réserves. Je la vois fouiller dans ses paniers, elle cherche quelque chose dans son porte monnaie, devinant la scène, je lui dis que je ne peux pas accepter de l’argent, c’est trop pour moi, je ne demande pas ça. Il est aussi parfois difficile d’accepter ce que l’on nous tend, et c’est donc le cas pour ma part. Elle finira par me laisser une salade de risoni (patte en forme de riz) au jambon et comté. Nous nous quittons, je repars. En si peu de temps je suis surpris par la sympathie des gens ici, me voilà réconcilié avec le peu de rencontres que j’avais pu faire jusqu’à présent, alors cela me touche vraiment au cœur de voir ces gens si généreux et si chaleureux.

Perdu dans la ville je ne trouve pas le cœur de ville et la cité médiévale. En grimpant les collines de la ville je double une classe de maternelle, tous les enfants me regardent passer, je leur fais coucou, certains courent à côté de moi rattrapant leurs camarades devant. Je demande mon chemin à un employé municipal, puis au fur et à mesure que j’avance, je demande à plusieurs passants. Il suffisait en fait oser franchir cette superbe porte de la ville. Je garde les yeux grands ouverts devant ces bâtisses d’époque, elles sont magnifiques, les quelques rues sont apaisantes, je me sens bien, je respire un grand coup. Tous ces efforts en valent vraiment le coup, je ne suis pas déçu de ce détour, je fais plusieurs photos comme à mon habitude et plus grand plaisir afin de vous les partager, puis j’aperçois un belvédère à travers une autre porte de la ville, la vue est magnifique. Je rencontre un couple d’Angoulême (petite pensée pour Youri d’ailleurs) qui repartent chez eux le lendemain, malheureusement les photos ne montrent pas la hauteur de ce panorama, j’ai trop joué avec le zoom, je vous laisserais donc cette surprise pour le jour où vous passerez par la haut, dommage de ne pas avoir pu retranscrire cette vue en photo mais c’est comme ça. Je dois les laisser, c’est peut être d’ailleurs pour ça aussi que je n’ai pas fait autant de photos, j’ai bien discuté avec eux plutôt que d’avoir le nez collé sur l’appareil photo et mon vélo est resté plus loin sans surveillance et pas attaché. Même si je pensais que cela ne risquait pas grand-chose, je ne préfère pas tenté le diable. Je le reprend, repasse devant ce panorama, puis je longe une partie de l’enceinte de la ville médiévale afin de redescendre ensuite par le même chemin. Je me pose au bord du lac parmi toutes les tables et bancs mis à disposition, merci Véronique pour cette salade, rien d’extraordinaire puisque préparée industriellement mais qui fait du bien pour varier un peu son alimentation et avoir quelques autres saveurs, je me suis quand même bien régalé. En repartant je vois que j’ai déjà vidé une gourde je m’arrête alors au bout du lac et demande à une personne installant une terrasse (je ne sais pas si c’est un hôtel ou un restaurant) si je peux avoir de l’eau. Elle me fait rentrer, il s’agit en fait du restaurant du casino, nous sommes dans une ville thermale alors le casino est obligatoire. Quelques personnes sont là, principalement âgées voir très âgées même, l’ambiance à l’air sympa mais je ne suis pas tenté de jouer, je n’ai jamais vraiment été attiré puisque je suis mauvais perdant. Au comptoir une cliente habitant Bourbon sirote une eau citronnée. Ma gourde est remplie d’eau très fraîche voire glacée que je laisserai chauffer dehors avant de boire, je repars après avoir discuté quelques minutes avec cette jeune dame, les gens sont tellement accueillant et chaleureux ici, je passerais ma journée à discuter, tellement accueillant que j’ai l’impression de me faire draguer, je suis mieux sans barbe me dit elle. Il faut que je reparte je ne peux pas rester la journée ici, il faut que je le termine ce tour de Bourgogne.

En selle, le soleil tape, il est bientôt 13h, je vais bientôt commencer à chercher un coin ou m’abriter de ce soleil. Malheureusement je ne trouverais rien durant ce détour empruntée par l’Eurovélo 6, enfin rien pour m’asseoir convenablement afin de poser mon ordinateur sur les genoux. La route monte et descend au milieux des prairies. Je m’arrête plusieurs fois sous la petite ombre des arbres afin de me cacher de ce soleil qui me fais mal au bras et qui on sent tape vraiment fort, d’autant plus qu’il n’y a plus la fraîcheur et l’humidité du canal, ici l’air est bien sec. Je profite de ces petites pause pour m’hydrater. Je croise Jean Phillipe, 64 ans avec qui je discute en plein cagnard afin de m’éviter de remonter ou lui de redescendre pour trouver un coin d’hombre. Il est partit de la Rochelle et se rend à Bâle pour rendre visite à son fils, habitant la Suisse. C’est un pari qu’il a tenu à honorer, chose qu’il a dit qu’il ferai à la retraite. A lui également, je lui indique cette fameuse chambre d’hôte dont Gérard m’a parlé la veille et dont j’ai vu l’annonce sur la porte de l’épicerie dans le village de Pierrefitte.

Plus loin, après quelques crochets autour de la départementale, je rencontre Youn, Breton, venant du prénom Yves. Retraité il suit l’Eurovélo 6. C’est sa première journée, il est partit de Nevers ce matin, ville où il s’était arrêté la dernière fois quand il était partit de Nantes où il vit avec sa femme qu’il a laissé puisque toujours dans la vie active. Il arrêtera d’ici deux à trois semaines et espère au moins rejoindre l’Allemagne. Surpris sur le coup, je suis maintenant sûr que c’est largement réalisable. Déçu de n’avoir vu encore aucun point de vue sur la Loire, il me dit qu’un peu plus loin on passe à côté.

Je trouve l’endroit indiqué, il y a des assises autour de tables en pierre. Je m’arrête donc ici à 15h30, il était temps, dommage d’ailleurs que je n’ai pu m’arrêter plus tôt quand le soleil était à son zénith. Je fais sécher ma tente au soleil. Je fais la rencontre d’un randonneur, j’essaie d’engager la conversation, il se rend à Orléans en empruntant le GR3, je lui demande son âge. Semblant être surpris, il me demande qu’elle en est l’importance, si ce n’est pour me rassurer plus tard. Refroidi par cette réponse, il me répond qu’il a plus de 66 ans, je le laisse repartir, il cherche un point d’eau pour faire chauffer ses pâtes. Je sort alors mon ordinateur afin de rédiger mon article de la veille et sélectionner mes photos. Quelques instants plus tard le randonneur rencontré à l’instant reviens et semble maintenant plus ouvert au dialogue. Il est surpris de me voir avec mon ordinateur, je fais comme tous les jeunes, il faut que je raconte ça sur un blog. Au final j’apprends qu’il s’appelle Michel, il me dit de l’appeler Michel le vieux en rapport surement avec ma question sur son age tout à l’heure, et qu’il est parti des sources de la Loire à Mont Gerbier de Jonc et que le GR3 est en fait le premier sentier de randonnée balisé en France en 1947. Pour s’arrêter il doit impérativement avoir un point d’eau à proximité pour sa toilette et pour sa nourriture, il est en total autonomie, il a des pâtes, du chocolat… Son sac à dos fait 17kg avec l’eau, il m’explique quelques astuces de randonneurs ou peut être devrait je dire de vieux randonneur, par exemple, manger 2 crans de chocolat tous les jours, boire 1,5 litres dans la journée en buvant au moins toutes les heures, et boire 1 litre avant de se coucher, éviter le sel qui absorbe l’eau et donc la charcuterie, le fromage est bon (d’ailleurs tu m’a fais envie puisque j’en mangerai le lendemain) etc. Il m’affirme que le monde est petit puisqu’il a revue son moniteur de centre aéré dans un refuge (en France je crois) 37 ans plus tard. Il s’est désormais installé à côté de moi, sa tente est montée, c’est une Quechua, je regarde l’intérieure, elle est bien plus spacieuse que la mienne. Je lui explique que je n’aime pas trop monter ma tente sous la pluie, que c’est compliqué puisque je me rend compte que ma tente que j’ai, est plus une tente d’été ou l’on bivouac avec peu d’affaires. Je veux tester aujourd’hui le site Helpx aujourd’hui, un genre de wwofing (tu connais maintenant Maman), je lui indique mon départ, Michel me dis que c’est un orage en prévision et donc passager, qu’il serait possible de démonter sans pluie, son baromètre n’indique d’ailleurs pas de pluie, mais je veux partir vivre mon expérience, peut être à regrets. Je rempli donc mes gourdes à ce point d’eau et en partant je vois une pancarte « Camping interdit » alors qu’une personne résident à côté lui vient de lui en donner l’autorisation. Sur les premiers mètres je me demande si je fais bien de partir de cet endroit, il faisait beau et j’aurais pu installer ma tente en compagnie de Michel, dois je faire ces 14 kilomètres, peut être que je devrais écouter les anciens, mais après tout j’avais cette idée de testé ce helpx.

Je traverse alors une forêt et me voilà à Cercy-laTour, un dernier coup d’œil sur l’annonce pour identifier la maison, je suis bien devant. Je fais signe au monsieur à la terrasse, ne parlant pas bien français il appelle sa femme. Elle me dira qu’il n’ont plus besoin de personnes puisque leurs chambre d’hôtes est terminée, que normalement j’aurais du envoyer un message sur le site, que ma méthode de procéder n’est pas la bonne, je lui explique que je ne voulais pas payer une deuxième adhésion, après celle du wwoof, pour rien (et d’ailleurs j’ai bien fais) puisque je n’ai pas eu de retour positif pour le site de wwoofing, que je voulais tester avant d’adhérer. Elle ne semble pas non plus très surprise quand je lui dis pourtant que son annonce est toujours sur Helpx, et je trouve un peu malsain de faire appel à de la main d’oeuvre pratiquement gratuite puisque juste nourrie et logée afin de monter son affaire. Je repars donc sur ces conseils chercher une chambre d’hôtes indiquée qui aurait peut être besoin d’un coup de main que je ne trouverais pas. Je retourne la voir, il faut en fait aller voir le patron du PMU à côté qui possède une chambre d’hôtes, alors ne voulant pas déballer tout mon projet et demander le gîte devant des clients, je tente ma chance au camping municipal. Ils n’ont pas de mobile home, envie d’un endroit chaud et pas trop chère, Hugo le responsable du camping me dit de tenter ma chance dans un hôtel qui aurait peut être besoin d’un coup de main pour des travaux en échange d’une chambre. Je rentre dans cet hôtel, le propriétaire mange seul dans la salle de restaurant, son chien me saute dessus, il m’a fais un peu peur, dommage l’hôtel est vendu à la mairie. Je retourne alors au camping, Hugo ayant une solution au cas ou, il me propose de débourser une quinzaine d’euros en louant une tente avec l’emplacement. Mais je veux plus de confort pas envie de vivre les orages sous une tente, je repars sonner à un gite repéré sur Booking (oui je triche un peu j’ai utilisé la technologie nouvelle de mon téléphone mais envie de craquer un peu), la chambre est à 47€ et bien notée. Trop tard des gens faisant un chantier jusqu’à la fin du mois viennent d’arriver, ils ne sont pas passé par booking et je ne peux pas entrer, réalité ou pas, j’ai plutôt l’impression de ne pas être le bienvenu parce que je n’ai pas réservé à l’avance. Toutefois la propriétaire vient au portail (d’ailleurs en y repensant les cheveux trempés comme si elle sortait de la douche) afin de m’indiquer une autre maison d’hôtes. Je sonnerais puis j’appellerais sur leur téléphone trouvé sur internet, mais aucune réponse. C’est un signe, je dois aller faire du camping. Je recroise Hugo sur la route, à vélo également. Nous faisons donc ce bout de chemin jusqu’au camping ensemble.

Je prends la solution qu’il m’a proposé plus tôt, une tente de 4 personnes, je serais plus à l’aise avec ces orages en prévision que ma tente, je pourrais rattraper mon retard sur les articles. Une 2 secondes de Quéchua, nous allons mettre en fait environ 20 minutes à la monter entièrement, c’est la première fois que Hugo la monte, nous rencontrons quelques difficultés mais y parvenons. 4 camping car sont là également. Installé dans la tente, je profite de manger des radis et des fruits offerts, je me régale avec cette mangue délicieuse, aujourd’hui cela fait du bien. Une bonne douche chaude après ce coup de froid certainement du à la transpiration de la journée, je profite ensuite des bacs à linge afin de nettoyer mon linge sale, je rentre dans la tente, je suspends mon linge à l’intérieur comme je peux, il commence à pleuvoir. Je prends mon temps en m’installant, le vent commence à souffler quelques rafales me font douter d’avoir choisi de rester en tente, j’espère que les sardines tiendront le coup. Je n’ose pas allumer le PC à cause des orages annoncés en approche, je me couche donc.

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